Le vert était dans le fruit
Jeux sans société
Frau Nath et Monsieur B vous conseillent Carcassonne ( encore mieux que Labyrinthe) et Jaipur ( plus varié que Docteur Maboul)
Seuls désagrements : Frau Nath gagne tout le temps ( et ça c'est agaçant) et Odessa essaye de bouffer les cartes. Sinon c'est bien.
Je profite de cette note pour dire à mes amis ( en fait j'en ai quelques uns) de m'excuser pour mes absences téléphoniques, épistolaires, et physiques.
Je suis un peu nul...
Des bisous
B.
Avant j'avais un blog
Avant j'avais un blog.
Au début, je voulais faire un blog bédé comme Boulet. Alors je me suis acheté des crayons qui coutent chers et une boite d'aquarelle. Je ne savais pas dessiner, mais je faisais des dessins quand même. J'aimais bien. C'etait un peu comme quand je joue au football : je cours après le ballon sans jamais le toucher, mais je suis content de porter un maillot, des protèges tibias et de transpirer avec les copains.
Après, j'ai un peu posé le pinceau pour écrire des billets plus longs. Je voulais rédiger des trucs droles et intelligents. J'ai juste écrit des trucs droles.
Je ne savais pas conjuguer les participes passés avec le verbe avoir et je plaçais les virgules n'importe comment. Je m'en foutais.
Je me suis acheté un I-Phone pour avoir l'air cool. Très vite j'ai publié plein de photos floues pour accompagner mes bétises.
Et puis, j'ai changé de boulot.
On me proposait un chèque plus gros et des journées moins longues si j'échangeais mon micro contre un stylo. J'ai posé mon micro.
Je suis devenu journaliste de presse écrite. J'ai arreté de me lever avant les éboueurs. J'ai cessé de flipper au moindre courant d'air chatouillant mes cordes vocales. J'ai commencé à pisser de la copie, à mettre les mots des gens entre guillemets.
Le chèque était effectivement plus gros, les journées pas vraiment moins longues. Avecle chèque j'ai loué un appartement plus grand où je ne passe pas plus de temps qu'avant. Mais mon chat, je crois, est content.
Toute la journée je fais des phrases. Je ne sais toujours pas conjuguer les participes passés avec le verbe avoir, ni placer les virgules. Ca commence à poser problème.
A force d'ecrire pour dire des choses, je n'ai plus pris de plaisir à écrire pour ne rien dire. mon blog est mort.
Avant, j'avais un blog. Maintenant je dessine des Monsieur-B dans la marge des communiqués de presse.
Delfine et aAlex, lors de leur année au Japon n'ont pas arrété de bloguer.
Emilie a ouvert son blog " femme d'écolo"
David continue ses chroniques entre deux confessions
Fred écrit des livres, un blog et fait des bébés.
Samy a raconté son tour du monde sur le Net
Cécile met en ligne des photos d'oiseaux.
Juppé a toujours un blog.
J'ai regardé Bref sur Canal Plus. Et puis, j'ai lu le blog du mec qui écrit Bref pour Canal Plus. Je me suis mis à ecrire des phrases courtes.
J'ai eu envie de refaire un blog, un peu.
Je ne promets rien.
B.
6 semaines en 10 minutes
Bon, si on donnait un peu à manger à ce blog ?
Voila presque deux mois que j'ai preté ma plume à la presse écrite et, avouons le, accaparé par ce nouveau métier à apprendre j'ai un peu négligé mon Tiroir.
Je compte aujourd'hui vider mes poches de la manière la plus anarchique, anti-chronologique et absurde qui soit. J'ai des photos, des phrases, des notes et quelques confidences qui commencent à moisir au fond de mes poches.
Je travaille donc pour un journal : un truc en papier avec de l'encre dessus. On le vend entre les paquets de cigarettes et les tickets à gratter.
La première chose qui frappe lorsque l'on vient d'une radio asso, c'est le confort des conditions de travail. Ce nouvel endroit peut etre chauffé, climatisé, nettoyé et il arrive même que l'on rénove la façade.
Autre avantage de la presse écrite. Elle peut tenir chaud aux animaux de compagnies. La radio en est incapable.
Les mêmes animaux de compagnie apprécient par contre fort peu le nouvel emploi du temps. Allez expliquer à un chat habitué à etre nourri à 5h30 du matin, qu'il faudra désormais attendre 3h de plus pour se remplir le ventre...
Ah et puis dans un journal, autre truc étrange, il y a PLUSIEURS journalistes. On peut avoir des conversations de journalistes, faire des blagues de journalistes et comparer nos cartes de presse. Par contre ça interdit de chanter nu dans son bureau du Donna Summer.
Ah par contre des fois des portes se bloquent et c'est embetant. Le chef doit s'improviser serrurier.
Tiens à present quelques phrases qui trainent dans mes carnets :
" Almaric me dégoute depuis que je l'ai vu dans "le scaphandre et le papillon" Petite Soeur apprenant le palmares de Cannes 2009.
" Monsieur, votre un chat est un être humain comme tout le monde, il doit payer son billet". Un controleur dans le Lyon-Mâcon de 13h22.
" C'est marrant quand tu laisses, un message sur un répondeur tu prends ta voix de radio" TOUS mes nouveaux collègues.
" Tu ne t'ai jamais demandé si tu n'es pas amoureux de ton psy ?" Elisa collegue-sans-email.
Ah et j'ai aussi découvert la joie des " faits-Divers". chaque jour un journaliste de l'équipe se retrouve enchainé au " télephone de permanence". Jour et nuit il ne faut pas quitter l'appareil des yeux. Lorsque Moby commence à chanter, c'est le signal, il se passe quelquechose. Il faut alors sauter dans un caleçon propre et démarrer au quart de tour pour rejoindre les pompiers. ( qui évidemment auront déja eteint le feu, quand enfin vous arriverez essouflé, kodak autour du cou".
La première fois que l'on m'a appellé ça a été une catastrophe. Au moment où je garais ma voiture pres de " l'evenement" les pompiers se sont alors mis à me faire de grand geste. je sors alors ravi de ma Clio, j'ignorais qu'un tel accueil était reservé à la presse locale.
Et c'est à ce moment que je me rends compte qu'ils m'insultent. J'ai garé ma voiture pile sur le tuyau de la lance incendie, bloquant ainsi toute arrivée d'eau vers l'appartement en train de bruler.
Je crois que l'on peut légitimement parler de " baptême du feu"
Dans la catégorie "boulettes", je pourrais également évoquer mes maladroits coups de fils aux gendarmes/policiers/gendarmes, lorsque je viens " gentiment au nouvelles" pour savoir si'il y a " qqch à se mettre sous la dent".
Lorsqu'ils m'annoncent : une defenestration, un accident, un incendie, une noyade, mes réactions sont parfois un rien déplacés :" Génial! ".
La dernière fois apres m'avoir entendu prononcer " Donc, je résume, 85 ans, blessure au crane, et hospitalisé c'est bien ça ? [...] " Génial ! Bonne Soirée, Merci !"; la secrétaire m'a jeté un regard lourd de sous-entendus.
Photo prise hier à Lyon dans le 1er arrondissement. Au coeur des 3 patés de maison où je me sens sans doute le plus chez moi. J'aime quand la rue me parle.
D'ailleurs, à une centaine de mètre de là se cache l'un de mes petits pechés mignon. Depuis longtemps déja j'adore m'installer sur l'un des bancs du jardin du Musée des Beaux Arts avec un bouquin et y passer l'apres midi. A quelques pas de la place des Terraux le calme y est total, l'ambiance delicieuse.
On y croise souvent de jolies étudiantes en arts plastique.
Mais Bizarrement hier, je me suis rendu compte que la fréquentation des lieux avait quelque peu changés depuis mes années étudiantes :
Dans ce même jardin, alors que je m'allumais une ciga rette ( rigoureusement interdite en ces lieux) le ciel s'est soudain faché. Le vent s'est levé au meme moment que les jupes de mes voisines de bancs et il s'est mis à pleuvoir des gouttes aussi grosses que mes deux poingts.
J'ai alors utilisé mon " super pouvoir", celui que je cache dans mon portefeuille entre ma carte bleue et ma Vitale biométrique.
Ma carte de presse ! Grace à ce sésame magique, je ne paye plus l'entrée au musée depuis plusieurs années déja. La carte a donc été fièrement dégainé au guichet du musée et j'ai empoche mon ticket offert. Sans doute la plus jolie et la moins onéreuse des façons de laisser passer la pluie.
Le soir même on me fera remarqué que rien ne m'obligeait à utiliser mon " super pouvoir", l'entrée des musées étant offertes à tous les jeunes de moins de 25 ans ( de l'étudiant au maçon en passant par le journaliste prétentieux").
Quoi qu'il en soit, j'ai pris beaucoup de plaisir à promener mes baskets sur les parquets d'un musée presque vide.
Je suis allé directement vers mes oeuvres préferés, apres avoir pris soigneusement m'en soin de me boucher les oreilles avec les écouteurs de mon I Phone. La musique anglo-saxonne a tres haut volume offre une vision completement neuve des chefs d'oeuvres de la peinture. Ce jour là j'avais choisit RadioHead. Thom Yorke et ses chants planants ont transportés Braque et Picasso dans des sphères totalement inédites.
Une autre musique aurait pu faire l'affaire, l'essentiel étant simplement que les paroles soient chantées dans une langue que vous ne comprenez pas. Les morceaux ne doivent non plus pas être trop connus ( évitez les Best-of ) , le visiteur devant totalement oublier la musique pour se laisser promener dans la bande-son de sa propre vie
L'une des joies sans cesse renouvellé de mon nouveau métier est : le titre. J'adore trouver LE bon jeu de mot pour un article.
Avec ma collègues Elisa nous sommes tres fiers de deux de nos trouvailles
- Pour un article sur le zoo du coin qui inaugure un espace reservé à ses tapirs :" Un nouvel endroit où se tapir" ( On avait aussi pensé à " Les pieds dans le tapir", mais ça ne voulait rien dire..)
- Pour un papier sur l'installation de la fête foraine : " Le Manège en chantier"
Tribunal : Chaque semaine, le mercredi, l'un d'entre nous est " de tribunal". Il assiste aux audiences du tribunal de Grande Instance et en ramène les histoires dignes d'interet.
Je redoutais ce moment. Quand ce fut finalement mon tour, j'y ai pris un plaisir incroyable.
Derrière mon petit bureau, sous le nez du président et de ses assesseurs, je prenais des notes sur les affaires en cours, caché derrière mon écran d'ordinateur. Je pensais m'ennuyer, 'jai en fait été le témoin d'un incroyable " petit théatre de la vie".
A quelques metres des voyous, des escrocs, des petites frappes, des amateurs d'images pédophiles des chauffeurs alcooliques et des proxénètes, je me suis régalé. chaque affaire était une histoire qui aurait mérité 20 pages dans n'importe quel journal. Je me suis passionné pour les explications des accusés " j'ai rien à voir avec cette histoire votre honneur", et pour les phrases assassines du président " pour réussir sa vie amoureuse, mieux vaut offrir des fleurs que regarder des viols d'enfants sur internet"...
à un moment un jeune homme vient me me voir avec sa mère. Il est à peine majeur, les yeux rouges d'avoir beaucoup pleuré. Pour une bétise de jeune con, il vient de prendre quelques années de prison avec sursis. le tribunal l'a sermonné comme un écolier. Il a dit " je ne le ferai plus"
Il est venu me dire " Excusez moi monsieur, vous pourriez ne pas mettre mon nom dans l'article, parceque pour trouver du travail tout ça..."
Il m'a ému, je me suis rendu compte du pouvoir des quelques lignes que je pouvais ecrire dans la vie réelle d'un jeune garçon aux yeux rouges. J'ai essayé de le rassurer " je ne parlerai pas de votre affaire, ne vous inquiétez pas je ne comptais pas l'evoquer de toutes façon". Et je n'ai pas pu m'empecher de rajouter " Bon courage..."
Tiens à present, je vais m'essayer à une petite confession. n'ayant plus de curés à porté de main, je ne sais plus à qui avouer l'inavouable.
Ca me fait mal de le dire mais voila : L'autre jour j'ai lu un bouquin d'Anna Gavalda et j'ai aimé. L'autre j'ai regardé pour la 25ème fois 4 Mariages et 1 enterrement et j'ai adoré. L'autre jour j'ai regardé une grosse connerie sur TF1.fr et j'ai rigolé. Et l'autre jour j'ai lu la Bédé publiée dans les dernières pages du journal et j'ai ( un peu pouffé)
Et dire que j'esssaye de passer pour un intello : Je déclame partout que mon réalisateur preferé est Woody Allen alors que j'ai pas vu la moitié de ses films. je n'ai jamais fini Voyage au Bout de la Nuit, ce qui ne m'empeche pas d'en parler. Je n'ai jamais lu Ulllyse de Joyce, j'ai pourtant plusieurs fois donné mon avis à son sujet. Je crie partout que Boris Vian est mon auteur préféré mais j'ai trouvé la moitié de sa production complètement illisible.
Je suis un escroc qui accroche des poster de Bob Dylan mais qui telecharge du Lady Gaga sur son Iphone.
Je parle de France Inter à longueur de journée, mais c'est avec Europe 1 que je me reveille et des fois sur l'autoroute j'écoute rires et chansons.
J'ai 2 photos de Simone de Beauvoir au dessus de mon bureau. Je n'ai pourtant jamais lu le 2ème sexe. Le journal de Bridget Jones, si.
J'ai honte.
Mais bon par contre, je n'ai jamais aimé Télérama, ce programme télé prétentieux. je ne brulerai peut etre pas en enfer.
Ah et puis vu qu'on est en train de se faire des aveux génants, je dois parler ici de mon article sur le " Air Soft" ( comme du paintball avec des pistolets qui tirent des billes de plastique)
J'ai suivi une équipe de passionnés dans une série de parties.
J'ai entendu
- " Notre géneration n'a pas la chance d'avoir connu le service militaire"
- " j'aime les armes, ça me défoule de tuer mes potes"
- " c'est comme jouer aux cowboys et aux indiens, mais avec un M16"
- " C'est facile tu le recharges comme un vrai (!) "
J'aurais du etre consterné. Mais je dois avouer que j'ai adoré jouer aux soldats avec ces types en treillis.
Il s'en est fallu de peu pour que je ne devienne un bon gros geek
Toujours dans la série " j'ai testé pour vous", j'ai aussi fait un reportage sur une rando-roller de 12km.
j'en ai chié comme un malade. Mon paquet de clope quotidien m'a cloué au sol.
J'ai aussi découvert qu'il était compliqué de faire du roller et de prendre des photos en même temps ( voir plus haut)
j'aurais pu arreter bien avant la fin de la balade, j"avais largement de quoi écrire mon papier, mais je ne pouvais pas abandonner alors que devant des gamins de 8ans et un papi de 75 ans roulait sans difficulté.
J'ai survécu. Qu'est ce qu'il ne faut pas faire pour gagner sa vie...
Dans un genre complétement différent j'ai aussi couvert ma première occupation d'usine avec sequestration de patron.
Ca semble fun comme ça, mais la réalité c'est surtout 3 jours à poireauter devant l'usine avec un photographe en face de l'usine. 3 jours à bouffer du Macdo froid avec le collègue de l'AFP. 3 jours à boire des bières chaudes.
j'ai pourtant adoré vivre ça.
Autre découverte : illustrer un article.
Je découvre l'image. Je découvre aussi comment se creuser la tète pour faire une photo pour illustrer :" les apéros facebook", "la fête foraine continue" ou " Solutré sans Mitterrand"
Des fois c'est plus facile et plus amusant : comme un reportage photo sur des grosses moto qui font du bruit
A bientot, pour de nouvelles aventures de Tintin reporter de papier
B.
ps : je ne relis pas, ça ressemblerait trop à du travail.
" Comment vous l'écrivez ?"
Cette semaine je me suis rendu compte d'un truc assez paradoxal, pour un type qui tient un blog depuis 4 ans : Je n'aime pas parler de moi. Si,si. J'ai horreur de ça. Quand il faut le faire, je suis mal à l'aise, j'essaye d'aller au plus vite de botter en touche avec une question.
Depuis une poignée de jours, tout le monde vient vers moi en me demandant " Alors ? Raconte ! ". Je ne sais pas faire, je ne suis pas un bon Orateur. Hier j'ai vue mon amie Nathalie, elle est capable de tenir le crachoir pendant des heures, d'être intéressante, drole et émouvante. Je n'ai pas ce talent.
Par contre, j'aime bien me servir de ce Tiroir, pour flatter mon égocentrisme furieux.
C'est donc ici, un chat sur les genoux, un thé à la main et sans regard à soutenir, que je vais raconter les premiers kilometres de mon petit virage professionnel.
J'ai donc signé pour quelques mois au Journal de Saone et Loire ( Mais on dit juste " Le Journal). Mon premier coup de fil a été pour le service technique. J'utilise pour le moment la boite mail de la future jeune maman que je remplace et l'idée de redevoir du courrier au nom de " Laure-Hélène" chatouille un peu ma virilité. Je demande donc à l'information au bout du fil de me créer une adresse mail. Sa réponse est sans appel " On a pas l'habitude de faire ça pour ceux qui ne vont pas rester".
Un peu plus tard, la même journée je passe recuperer quelques dossiers à la radio, désormais mon ex-employeur. Sur la porte de ce qui était encore mon bureau il y a peine 3 jours, toute trace de mon passage a été effacée. Disparus les articles débiles et les photomatons scotchés sur la porte. Disparus aussi la pancarte à mon nom. Page tournée...
C'est donc un peu orphelin que je fais prépare un dernier café dans la machine de RCF. Café que je demande l'autorisation de boire à mon ex-chef. Que j'appelle toujours "Chef". Elle me fait d'ailleurs remarquer que plus rien ne justifie ce terme lorsque je m'adresse à elle. je lui explique donc que mon nouveau Chef refuse, qu'on l'appelle ainsi ( je dois m'en tenir à " Fifi") et que de toutes façons elle restera ad vitam eternam La Chef ( au moins sur le blog en tous cas).
En rentrant chez moi, je trouverai une lettre qui encore une fois me rappellera mon changement de cremerie. Le sénateur B. m'a écrit à mon domicile sur un Bristol à en-tete, me souhaitant " de belles aventures professionnelles sous d'autres cieux que RCF".
Depuis presque une semaine, j'apprends donc un nouveau métier.
Premier handicap ( première angoisse aussi) l'Image. Quand on travaille dans la presse locale on doit prendre des photos. je n'aime pas ça. Ou plutôt, je ne sais pas faire. Ma première prise de vue s'est d'ailleurs révélée être un joli fiasco. J'avais oublié une donnée évidente : le soleil. Contre-jour est un mot qui ne faisait pas tellement parti de mon vocabulaire à la radio.
La première photo, de mon premier article s'est donc révélée sur l'écran sévèrement "cramée" ( surexposée). Premier jour de boulot et premier faux pas.
Et puis il y a la technique. Ce logiciel qui sert à écrire et monter nos pages. je me suis arraché les cheveux plusieurs jours. La logique de l'outil est la mienne avait beaucoup de mal se superposer. En fin de semaine alors que je commençais enfin à un peu " dompter" la machine, un collègue m'annonce " Ah tu savais qu'on change de logiciel dans 2 semaines ?"
Il y a aussi un truc curieux dans le journalisme de presse écrite. Le lecteur. J'ai découvert presque avec surprise que ce j'écrivais était lu !
L'agence du journal est installée sur les quais de Saône. Le matin en arrivant à 9h ( une grasse mat' pour moi ) je longe les bistrots. Chaque jour, j'aperçois une dizaine de personne en terrasse, le nez penché sur mon travail. Une tache de café sur ma signature. J'aime ça, vraiment.
Cette semaine, j'ai couvert intégralement un tournoi de football pour handicapés mentaux. Le Journal était partenaire de l'évenement. Chaque matin, l'édition du jour était donc proposée gratuitement à toutes les personnes présentes sur place. Et je l'avoue c'est avec bonheur, que je les regardais lire mes articles. Je parlais d'eux. Ils appréciaient, moi aussi.
Ah et puis, je dois aussi réapprendre à me servir de mon carnet à spirales. On ne prend pas des notes de la même façon lorsqu'on travaille en radio ou dans la presse écrite.
Il y a encore une semaine, je notais peu de choses. Juste quelques chiffres, quelques grandes idées. En fait, pendant les conférences de presse, j'écrivais principalement des ébauches de questions. Celles que je poserai apres, micro tendu.
Je dois désormais travailler sans micro. Pour faire entendre ceux qui me parlent, je dois me contenter d'une paire de guillemets et de l'italique. Pour être précis dans la retranscription, il faut donc laisser courir le crayon en permanence. Chaque soir, je me couche avec une douleur, jusqu'à présent inconnue. J'ai mal au poignet.
Autre Détail, mais qui a son importance : L'orthographe. Je ne peux plus me permettre de relayer phonétiquement le nom des mes interlocuteurs. " Comment vous l'ecrivez ?" est devenue l'une de mes phrases préférées depuis quelques jours.
Je passe aussi sur ces reflexes qu'il va falloir gommer : Décrocher le téléphone à l'agence et répondre " RCF Bonjour !", notamment.
La photo ci-dessus est à l'origine de ma première grande émotion en Presse écrite.
Je suivais donc toute la semaine pour Le Journal, ce tournoi de football réservés aux jeunes handicapés. Pendant un match, j'ai discuté avec deux éducateurs venus du Val d'Oise. Ils commentaient avec le sourire la branlée qu'étaient en train de ramasser leurs poulains sur le terrain. " C'est normal, nous on a des trisomiques et pas eux". Je préparais une pleine page pour le lendemain. J'ai donc pris une photo de leur gardien de but, tout sourire malgré 10 buts encaissés en 7minutes.
Dimanche matin sa photo était publiée dans le journal. Les deux éducateurs du Val D'oise étaient cités dans l'article.
Le même jour je me suis rendu une dernière fois sur le lieu de la compétition. On remettait les médailles. A mon arrivée, le jeune homme sur la photo, est venu me serrer dans ses bras et me dire " Merci". Tout ses coéquipiers sont venus l'imiter.
Les deux éducateurs d'ajouter " si vous saviez le plaisir que vous leur avez fait".
Il aura fallu 6 jours pour que je verse ma première larme de presse écrite.
This is the end
" This is the end". Voila que quelques jours que la chanson des Doors me tourne dans la tete. Et comme je ne connais que les deux premières phrases, je me suis vite mis à tourner en rond.
Vendredi pour excorciser le tout, j'ai même téléchargé le morceau sur mon téléphone. Ca n'a pas servi à grand chose. Je ne connais toujours que les deux premières phrases et la chanson n'est pas sortie de ma tête.
Je commence à ranger un peu mon bureau et Jim Morisson ne décolle pas de mon épaule.
Henry passe la tête par la porte : " Je suis bien content que tu partes, au moins ton bureau sera enfin rangé".
Aujourd'hui était mon dernier jour à la radio. Recemment, presque hier, je signais ma lettre de démission. Ce matin je presentais mes dernières matinales.
Des jours comme ça, tout ressemble à un symbole : Le réveil qui ne sonne pas vraiment, les clés de voitures introuvables. Et puis ce matin là mon PC refuse de démarrer. L'imprimante ne veut pas fonctionner et je suis enroué.
Toute action prend une ampleur bien differente quand on la réalise pour la dernière. Derniere cafetière : ni trop leger, ni trop serré. Dernière météo. De la pluie...
La veille j'avais redigé un petit mail pour avertir tous mes contacts de mon départ. la date était mal choisie, la moitié d'entre eux ont cru à un poisson d'avril.*
Il a fallu expliquer à l'autre moitié que " Non je n'ai pas été viré, je suis parti de mon plein gré" .
Tous les départs sont forcement clichés, ils vous disent " bonne chance" on répond " merci". Et puis on trouve une caisse et on y dépose ses effets personnels. Tou s ces trucs absurdes empilés sur le bureau au fil des années.
Dans ma caisse tout un poème de Prévert : Un Thermos Starbucks, un Guide pour les adultes qui s'ennuient au bureau, une K7 audio d' Hellène ( sans les garçons), mon carnet de santé, un Mug Bob L'éponge, un chauffe-tasse USB, une pile de bouquins reçus en service de presse, un agenda, un clap de cinéma, un Stylo géant, quelques Polaroids et un tube d'aspirine.
Me voyant débarrasser mon 10m2, la Chef m'a confié " Encore plus que ton épée, c'est ton vieux poncho péruvien pourri qui va le plus me manquer".
Depuis mes débuts à la radio, il prend la poussière sur la radiateur. j'ai du le mettre sur mon dos 2 , 3 fois les jours de grand froid.
Comme l'épée, je n'ai pas pu me résoudre à les ranger tout de suite dans la caisse.
Finalement 5 ans ce n'est pas tellement encombrant.
C'est drole de quitter une radio chrétienne un vendredi saint. Sur l'antenne, il n'est question que de la mort d'un barbu punaisé il y a 2000ans. Moi je ne pense qu'a à une autre fin, celle de mon aventure radio.
J'avais d'abord pensé que mon dernier journal serait une belle occasion de marquer le gout, de dire des betises, de finir dans un feu d'artifice sonore.
Et puis, je n'ai pas trouvé la force. Comme un jour ordinaire, j'ai parlé de politique, d'agriculture, d'expos locales et de solidarités.
Pour l'occasion j'avais simplement bidouillé une petite bafouille; Je faisais une référence brumeuse à la dernière intervention télé de Mitterrand " je croix aux forces de l'esprit et je ne vous quitterai pas". Finalement mon petit discours est resté sur mon bureau. D'ailleurs il n'y avait déja plus que ça sur mon bureau.
Je suis entré en studio épée en main, comme un petit garçon. J'ai présenté mon journal d'une voix neutre. Sans doute un poil plus lentement que d'ordinaire. je n'ai pas laché l'épée.
This is the end.
Et à l'heure de la Météo, la chef est entrée dans le studio comme un vulgaire intermittent du spectacle. Elle a sorti de sa pocher un papier et a bien manqué de me faire pleurer. Mais même pas peur j'ai une épée. Voici son petit message livré ici in extenso.
Benoit,
je viens vous saluer et vous remercier pour tout le travail accompli au cours de ces quelques cinq années, vous remercier au nom de toute la radio.
« Au nom de tous »… Ah ! justement, à propos de nom…
Il n’est pas trop tard, MONTAGGIARI, pour redire à vos auditeurs que vous avez eu du mérite à faire de la radio avec un patronyme aussi peu identifié par vos contacts.
Bon, ça nous arrive à tous : ce ne sont ni « l’abbé » MECHIN, ni Alexis « VIET » ni cette Muriel « ROBIN », à qui une partie du courrier de la radio est adressé, qui me contrediront.
Mais il faut quand même dire que vous avez la palme !
Enfin….
Aujourd’hui, je voudrais souligner, MONTAD’JERI que votre rythme intense de travail n’empêchait pas humour, blagues et facéties.
Chapeau aussi pour votre sens du croquis, (Benoit MODIGLIANI), cet art de condenser en quelques traits l’essentiel du sujet observé, et qui est un atout pour un journaliste.
Et si on connaît votre œil vif, votre sensibilité presque féminine n’a pas non plus échappé à la personne qui cherchait récemment à joindre Benoit MAGALI.
Quant à nous, vos collègues, nous savons comment vous pouvez faire d’un banal bureau le décor dévasté d’un après-cambriolage. Et pourtant, nous avons comme un pincement au cœur, Benoit SPAGGIARI, à l’idée que les micros ne traîneront plus dans le café, que nous ne marcherons plus sur vos feuilles de paie, que partira avec vous cette sorte de serpillière andine qui ne tient plus chaud qu’au radiateur et aussi votre épée en bois ; que les clés ne disparaîtront plus sous des amas de journaux, et que nous retrouverons tous les stylos de la radio.
Mais, comme il est par ailleurs, – et très approximativement évalué à 12, le nombre de personnes à ce jour encore persuadées que vous vous prénommez « Bruno », nous comprenons bien qu’il est temps pour vous de rejoindre la presse écrite, afin que votre signature soit reconnue plus largement.
Bon vent, MONTA ! et surtout …régale-toi bien !
Merci Chef et merci aussi pour ce " On va avoir du mal à trouver un autre juke box humain avec un tel niveau de culture pourri..."
Apres la météo, une bouteille de blanc a été debouchée. On a meme trouvé quelques gateaux apéros au fond d'un tiroir.
Au milieu des casques, des micros et entourés de boites d'oeufs ( pour 'l'isolation sonore) j'ai eclusé le dernier d'une longue série de verres sous l'ombre de " la radio dans l'ame"
J'ai eu du mal à partir... j'ai trainassé dans les couloirs de la radio, passé 3 coups d'éponges sur le bureau. J'ai rangé l'epée dans la caisse, le poncho pourri aussi.
Mine de rien cette barraque deglinguée, ces micros mal reglés, ces chaises bancales et ces radiateurs bouchés c'est un peu chez moi. Le bougon barbu, le jeune mal reveillé, la dame du fond sont aussi ma famille.
Comme un judas armé d'une épée en bois, je trahis ma famille un vendredi saint.
Roman photo
Bonjour les cocos : En ce moment ma vie c'est un peu la foire du trone. En attendant de trouver le temps de rédiger une vraie note, je vous glisse ici quelques Apéricubes.
Cela dit, comme on est pas des bêtes, je vous ai tout de même mitonné une petite phrase du jour :
" Non mais j'y crois pas, il a laissé son téléphone allumé cet imbécile, il veut qu'on crève tous où quoi ?" m'a lancé une électro-sensible lors d'une conférence de presse sur le sujet.
Les electrosensibles sont ces personnes qui affirment souffrir le martyr dés qu'il sosnt exposés aux ondes életromagnétiques ( Wifi, Wiimax, 3G ...etc)
Et effectivement mon téléphone etait allumé. Débarquer avec un " smartphone" dans un tel endroit c'est un peu comme se pointer avex 3 bouteilles de whisky chez les alcooliques anonymes.
Autant vous dire que lorsque que j'ai sorti mon micro du sac, on m'a regardé avec un oeil méfiant
Cela dit la fonction " appareil photo" de mon téléphone me sert beaucoup. Il déborde de clichés. En attendant d'avoir le temps de vous narrer mes trépidantes aventures, je me permets de le vider ici. Le Tiroir est aussi fait pour ça. C'est mon herbier du quotidien.
Les flammes de l'enfer...
Bouquet Final
une bonne tranche ( rue Victor Hugo, Groscouillon sur Saone)
Schizophrénie Journalistique
Mon chat et moi
Et puis comme je sais qu'il y a des fans, une dernière flopée de photos des " coulisses de la radio" :
Radio, où nous sommes les derniers - à ma connaissance- à utiliser le mot " petit coin"
Par contre, nous sommes raccord, chez nous aux toilettes on lit la presse Chrétienne
Et dans les bureaux, on cultive la mise en abyme
Alors qu'en studio, par contre, on recouvre nos propos d'un voile pudique
ce qui n'empeche pas de garder sourire et ame d'enfant
tasse généreusement offerte par un petite stagiaire ( je note au passage qu'au bout de 3 mois de stage, Marc, ne m'a même pas offert) un cachou
Bon, en ce moment j'ai envie d'ecrire des livres, des chansons, des journaux, des histoires. En attendant qu'on me prete une plume ( ce qui ne devrait pas tarder) je vais aller écouter Thomas Fersen.
a bientot pour de toutes nouvelles aventures
B.
qu'importe le flacon, pourvu que l'on entende le crachat
Apres deux semaines consacrées aux élections régionales, 2 dimanche soir à bouffer de mauvais plateaux repas en préfecture et autant de nuits blanches, j'ai les idées un peu brouillardeuses.
lorsque l'on ne dort pas assez, la qualité du travail s'en ressent. Notamment celle de mon écriture.
Ainsi cette semaine j'ai redigées des phrases aussi belles que " Les salariés D'Essex dressés contre le plan de licenciement" qui prononcée en direct devant un micro est assez sucullente.
tout comme " les handicapés vont marcher pour le retour des transports en commun gratuits"
Il y a aussi ces moments d'absences pendant le journal où je joue à Doodle jump sur mon téléphone et oublie de reprendre la parole quand mon micro se rallume. ( Les plus geeks comprendront )
La semaine a donc été longue, d'autant plus que Stagiaire-Marc n'est plus là pour me seconder.
Vous avez d'ailleurs été nombreux à me réclamer le retour de ses incroyables aventures sur Le Tiroir. J'ai encore quelques recits sous le coude, mais avant je tenais à vous faire partager une petite phrase de Marc.
Cette semaine Victor et lui sont en reportage " independant", leur sujet a été précommandé par la radio et sera diffusé prochainement.
Mercredi coup de fil de Stagiaire-Marc : " Oh si tu savais les infos que je viens d'obtenir, j'ai de merveilleux scoops ! mais je ne te raconterai rien..."
Coup de poignard ! Un garçon que j'ai pris sous mon aile, conseillé, couvé et qui une semaine seulement apres son départ décide de tuer le père...
Et pourtant, je ne suis pas rancunier, aujourd'hui encore, j'invitee le personnage de Marc sur le blog, et je vous raconte son dernier jour de stage à la radio :
Stagiaire-Marc tout craché !
Sur les marches de l'escalier je brieffe Marc comme un coach et son boxeur " Je veux Du crachat ! Un beau bruit de crachat, je veux que l'on entende le liquide entrer dans ta bouche, faire le tour de ton palet et retomber bruyamment dans le seau. Si on ne t'entends pas cracher, considere que ton sujet est raté".
Nous sommes ce vendredi apres midi à la maison des vins de Groscouillons sur Saone. Nous avons été invité à participer au jury de degustateurs. Accompagnés de professionels du vin, nous devrons désigner aujourd'hui à l'aveugle les meilleurs vins de l'appellation locale du dernier millésime.
Pour ce dernier jour de stage, les roles ont été clairement définis. Marc s'occupe de réaliser un beau reportage, pendant que je picole tranquillement à une table.
A l'entrée nous signons la feuille de présence. Marc se retrouve au jury numéro 3. je suis à la table numéro 8. Et je comprends que je me suis fait avoir. Alors que Marc va devoir gouter les vins blancs ( ce qu'on fait de meilleur dans le coin), je me retrouve face à une vingtaine de bouteilles de rosés. J'ai horreur du rosé. Je ne le tolère que dans le sud, au coeur de l'été et en bord de mer. Dans le coin les blancs sont bons, les rouges sont souvent corrects, mais les rosés sont infames. Groscouillon n'est pas la Provence.
Avant de rejoindre ma table j'explique à Marc ce que j'attends de lui. Je veux un reportage vivant. Je veux entendre les verres qui résonnent lorsqu'ils touchent la table. Il faut que son micro capte le chant de la bouteille qui se vide, de celle que l'on débouche. je veux que l'auditeur voit les crayons de papier courir sur les grilles d'évaluation. je veux qu'il attrape les conversations du jury. Et surtout, surtout je veux entendre les crachats.
Sur chaque table deux gros seaux, on les saisit par les poignées et on recrache le vin que l'on vient de découvrir.
Bien sur qu'il faut aussi des interviews, des explications, que l'on aprenne quelquechose, mais si je n'entends pas de crachat, il manquera évidemment quelquechose...
Chaque Jury est composé de trois dégustateurs. Deux professionels ( viticulteurs ou négociants en vin pour la plupart) et un consommateur plus lambda.
Moi je suis plus que " lambda". Je n'ai rien d'un oenologue. Bien sur j'aime le vin, le rouge surtout, bien sur j'apprecie les bonnes bouteilles, mais je suis tres loin d'etre un connaisseur.
Bon j'ai lu les 10 premiers tome du Manga " Les Gouttes de Dieu", mais je ne suis pas sur que ça ne me serve à grand chose aujourd'hui.
Devant moi une grille à remplir. Pour chaque vin il faut noter l'appréciation " à l'oeil", " au nez" et " en bouche" puis rédiger une petite phrase d'observations.
Je suis saisis d'angoisse, j'aurais du passer plus de temps à picoler avec mes copains Picard et Sabourin dans " La Bibliothèque". Je n'ai aucune base, aucune reference et pas même le vocabulaire. je tente donc de joeur franc jeu : " Euh, je suis un vrai novice, je compte sur vous pour me donner quelques conseils". Les deux me regardent en souriant " Ah non, on a pas le droit, ça fausserait le concours"... Je jette un oeil à la table de Marc, il est en train d'interroger un Papy qui lui dévoile tout les secrets de la dégustation. Moi, je vais devoir improviser.
Appréciation à l'oeil : Je connais mal le rosé. Je ne sais pas ce qu'est : " un beau rosé". Alors, je tourne mon verre dans tous les angles, comme mes voisins je prends un air penetré. J'essaye de me donner une contenance. Ce rosé est ... rose. Ca sera aussi le cas des 19 échantillons suivants.
Appréciation au Nez : Je dois ici confesser un terrible handicap. Je n'ai aucun odorat. Je souffre d'une terrible "dérivation de la cloison nasale" qui fait beaucoup rire mon entourage, mais qui est pourtant une réalité. je suis incapable de respirer par le nez. Il me faut 3 jours de plus que Frau Nath' pour me rendre compte qu'il est temps de changer la caisse du chat.
Je n'arrive pas à remplir cette grille. J'ecoute mes voisins, je m'invente un avis. Mais je ne sens rien. Rien du tout.
Appreciation en bouche : J'ai l'impression que je vais enfin avoir quelquechose à noter sur ma feuille. Je ne suis vraiment pas un spécialiste, mais je crois avoir déja gouté assez de vins pour etre sur de mon gout. Je sais reconnaitre un bon et un mauvais vin.
Le problème c'est que je ne peux pas ecrire " bon" ou " mauvais" dans la case observation, c'est un peu léger.
D'accord, Je vois bien que cet echantillon est plus sucré que les autres. Mais jamais comme mes voisins, je n'aurais pensé à inscrire " gout caramel". Ok je trouve que ce vin est un peu pétillant, mais j'ignorais que c'etait dû au " gaz carbonique qui n'a pas fini son travail"
Parfois je tente d'impressioner mes voisins : " Oh, il pique celui là". Je m'entends répondre " On dit Astringent". Alors, docilement, je note " astringeant" sur ma feuille d'évaluation.
Mais le plus grand moment entre chaque bouteille, c'est celui du seau. Jamais ne n'avais partagé de moment aussi intime avec des inconnus. Je crois avoir été bien elévé. Tout petit on m'a appris que " cracher c'est mal". j'ai donc eu un petit mouvement de recul quand mon voisin s'est emparé du seau pour y cracher le contenu de sa bouche. Juste apres lui le troisième homme de la table l'a imité.
Il a donc fallu faire comme eux. J' ai pris mon courage à deux mains, le seau avec une seule et j'ai craché mon rosé. Le vin est venu mourir au fond du seau et s'est melangé à la salive des deux autres membres du jury.
Pendant une grosse heure, 20 bouteilles, nous avons ensemble rempli un seau de vin et de miasme. Une intimité que seul les rangées d'urinoirs des stations essences de l'autoroute du soleil m'avait déja procuré.
Bizarrement les tables de dégustation des rosés ont terminé leur travail bien plus vite que celles des meilleurs vins. Je cours à la table de Marco, il est encore en train de picoler, micro en main.
Je repasse instatanement en " mode chef". " Bon Marc t'en es où ?".
Il a interrogé les organisateurs, pris un cours de dégustation avec son papy. il a aussi enregistré des bruis de verres, de bouteilles. Mais pas de crachat... Il tente de se justifier. " j'ai pas eu le temps".
Je dois partir et recuperer le matériel. " Bon Marc, toi tu vas cracher !, je m'occupe de la prise de son".
Le petit est un peu hésitant. il n'ose pas cracher devant un micro. Il pouffe un peu. On refait la prise. Il parle avant de déglutir, je relance le magnéto. Au final il aura fallu que Marc s'y reprenne à 5 fois pour que j'obtienne le cracahat parfait.
On entend tout : le verre porté à ses levres, le nectar qui rentre dans sa gorge, les papilles qui entrent en action et enfin le crachat qui propulse le vin de sa bouche au seau.
Apres montage, ça fera un bien beau reportage.
Lundi matin, Marc n'est plus là. Son stage s'est terminé à la maison des vins. Je monte le sujet et prends bien soin de terminer par le crachat de mon ex-stagiaire.
A l'antenne je n'ai pas manque de préciser " un sujet signé, tout comme le crachat, par Stagiaire...Marc."
B.
Ps : Merci aux lectrices de ces lignes qui m'ont adressé d'adorables mails vendredi. Merci, vraiment.
Lettre à mon voisin et bêtisier radio...
J'ai eu une petite idée en lisant l'excellent Blog de David.
Comme lui j'avais envie d'écrire à ceux qui m'emmerdent.
Voici donc : la lettre à mon voisin
( clique pour pouvoir lire )
Ah et aujourd'hui Alex' nous offre un fabuleux Bonus. Il a compilé quelques unes de nos plus grosses rigolades à l'antenne.
Je vous laisse en profiter
Voila cette fois c'est officiel, ma carrière est foutue.
Rires et Chansons peut etre ? Non ? Bon...
Comme Sherlock sans sa loupe...
Chaque matin, du lundi au vendredi, je suis le premier a arriver à la radio.
Les gestes sont toujours les mêmes. 6h, J'ouvre toutes les portes de la radio. Je relance les ordinateurs. Il faut aussi allumer le radiateur electrique du bureau mal chauffé de La Chef.
Et surtout, avant de regarder le fax, la boite mail et d'ouvrir les journaux, je fais le café.
La manipulation est plus délicate qu'il n'y parait. Alexis sera là dans une heure, lui aime son café bien serré. Stagiaire-Marc par contre prefere le sien plus leger. Chaque matin il faut trouver le bon dosage. Je dose à l'oeil. Ni trop, ni pas assez...
Ce matin c'est un lendemain d'élections. Je n'ai pas beaucoup dormi. Alexis aussi arrivera plus tot, nous serons en direct dés 7h du matin.
Pour marquer le coup et remonter le moral des troupes, je suis venu avec le petit déjeuner. 4 pains au chocolat. Pas un Plus. Face au boulanger, j'ai choisit une viennoiserie pour Alexis, une pour Muriel, l'autre Pour Marc, le dernier pour moi.
6h45. arrivée D'Alexis. Comme chaque matin il arrive en grommelant un " Bonjour", collé aux basques par Tao son chien. Comme chaque matin, j'evite de lui adresser la parole avant son premier café.
Comme chaque matin Tao, s'installe à mes pieds sous le bureau. Il ne bougera pas avant que je me leve pour imprimer le texte de mon journal.
A 8h15 Stagiaire-Marc arrivera, les yeux encore collés il me saluera avec les meme mots : " Bien, le canard ce matin".
On ira fumer une clope sur le balcon en faisant le point sur le travail sur la journée. Et puis apres il me lira les derniers scoops du blog de Jean Marc Morandini.
Sa petite tête chevelue sera à deux metres de moi on chantera du Claude François et ce sera bien...
Ce matin il est 8h16, Marc n'est pas arrivé. Je vais fumer mon clope seul.
8h17, La petite voiture grise de Marc n'est toujours pas garée sous la fenetre de mon bureau, je commence à m'inquieter.
C'est vrai que la semaine dernière on l'a un peu lessivé le petit... Je me demande même si nous n'avons pas cassé notre jouet.
Ou alors on l'a vexé ? Il ne veut plus venir ? La simple idée de monter les escaliers en ruines de la Rue des Epinoches lui colle une gigantesque boule au ventre.
C'est vrai qu'on l'a un peu bizuté le Marco... C'est vrai aussi que nous nous sommes amusés à exploiter la vague origine roumaine de notre Rousseau-cescu.
Oui on l'a peut être un peu surnommé " la vieille pute de Bucarest"
D'accord nous avons réalisé un odieux montage à partir d'une de ses photos. Montage que nous avons affiché sur tous les murs, portes de la radio...
Mais de là à bouder...
montage by Alexis. Un chouette fond d'écran...
tres efficace aussi en noir et blanc
Et puis j'ai enfin aperçu le post-it collé sur le coin de mon ordinateur... Marc n'était pas en train de dormir, Marc n'etait pas faché.
Marc a fini son stage.
Il reste un pain au chocolat, et la rédaction est bien calme...
Heureusement qu'il me reste une vieille pute roumaine en fond d'écran.









































































